UNE BETE SUR LA LUNE
de Richard Kalinoski




Mise en scène : Katia Arslanian assistée de Michel Paume

bete

bete lune

CREATION 2012

Vendredi 29 juin à 20H30 et dimanche 1er juillet à 17h au domaine Saint-Pierre d'Escarvaillac
(Chemin de Bonpas, 84140 Avignon - Montfavet)
avec la participation de Jacques Vincensini, musicien de doudouk

RESERVATIONS par téléphone
06 42 03 70 58 ou par email cie.jeanthomas@gmail.com

TP 10 € / TR 7 €




Aram Tomasian : Christophe Vic
Seta Tomasian : Aurore Sayas
Le vieux monsieur / Vincent (le jeune garçon) : Patrick Guindolet / Michel Paume

Dans quelques semaines nous lèverons le voile sur notre prochaine création, "Une Bête sur la Lune", de Richard Kalinoski. Cette pièce parle de la mémoire douloureuse d'un couple d'arméniens rescapés du génocide de 1915/16. 
Torturé entre un passé qu'il veut taire et l'espoir d'un présent où les enfants à naître viendraient combler les trous laissés dans la photo de famille par le massacre de ses parents, frères et soeurs, Aram, le mari, garde la tête haute. Mais Seta, sa jeune femme, est stérile.
Les années passent, Vincent, un jeune immigré italien vient à fréquenter la maison.
C'est lui, devenu vieux, qui rapporte aujourd'hui le récit d'Aram et Seta Tomasian.

 
Une pièce qui parle donc de transmission, d'héritage et de la survivance de cet héritage par des voies nouvelles. Imprévues.
Une oeuvre profonde qui au delà de la question arménienne nous fait l'invitation d'en passer par l'autre pour découvrir ce que nous sommes.
"Une Bête sur la lune parle de la première génération d’Arméniens qui ont gommé leurs souvenirs pour pouvoir survivre. Il y a une icône centrale, la photo de famille. L’auteur, Richard Kalinoski, choisit une photo parce qu’il sait que les réfugiés et les exilés en fuite enterrent leur or mais emportent leurs photos. Dans la pièce, la photographie, qui fonctionne comme la bande enregistrée dans « La dernière bande de Krapp » de Beckett, ranime le passé et cache le présent.
J’ai grandi sans photo et sans histoire écrite des Arméniens, mon peuple. Il est très difficile pour ceux qui ont grandi dans un environnement stable d’imaginer l’importance que peut avoir une simple photo. Nous étions ceux de la première génération nés sur un sol étranger. Mes grands-parents, réchappés de l’holocauste arménien par les Turcs, ont abandonné leurs maisons en Arménie occidentale pour sauver leurs enfants, c’est-à-dire mes parents. À Chypre, notre famille se retrouva sans rien à part quelques pièces d’or et quelques tapis.
Ne pas avoir de photo signifiait n’avoir pas d’objectivité, pas d’histoire. À mon école anglaise, personne ne parlait de l’Arménie. À la maison, nous étions entourés de vieilles femmes vêtues de noir, le visage tragique, qui se lamentaient sur le passé. Très tôt, j’ai compris la fonction du chœur grec. Chaque fois que ma grand-mère, originaire de Kayseri, faisait virevolter son crochet métallique ou cousait avec sa longue aiguille flexible, elle faisait le récit d’atrocités qui me bouleversaient. Le souffle coupé, je devais lui demander d’arrêter.
La seule photo de ma famille maternelle était tenue cachée, enveloppée dans un tissu. Il a fallu vingt ans à grand-mère pour qu’elle la sorte au jour. Elle les avait presque tous perdus. Pour elle, ce n’était pas une photo, c’était les visages de personnes vivantes."
Nouritza Matossian


La première pièce de l'Américain Richard Kalinoski, mise en scène par Irina Brook, couronnée en 2001 par cinq Molières.

Au plaisir de vous y voir bientôt,